Le
ministre tchadien des affaires étrangères a accusé mercredi le Soudan
de soutenir les rebelles tchadiens. Ces derniers avaient tiré, lundi,
un missile contre un avion françaisAhmat Allami, le
ministre tchadien des affaires étrangères, a accusé, mercredi 25
octobre, le Soudan de soutenir les rebelles tchadiens qui ont repris
leurs opérations militaires dans l'est du pays.
Le ministre
affirme que le tir, lundi 23 octobre, par les rebelles d'un missile
sol-air sur un avion français constitue une preuve du soutien du Soudan
à la rébellion. "Ces rebelles sont entrés au Tchad à partir du Soudan
et ils n'ont pu se procurer ce type d'équipement militaire qu'au vu et
au su des autorités soudanaises. Le Soudan ne peut le nier", a-t-il dit
à l'AFP.
Dimanche et lundi, les hommes de la toute nouvelle
Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), fusion
de plusieurs groupes hostiles au régime de N'Djamena, ont
successivement occupé Goz Beïda, près de la frontière soudanaise, puis
Am Timan, à une centaine de kilomètres plus au sud, avant de s'en
retirer quelques heures plus tard.
Le chef de l'UFDD, le général
Mahamat Nouri, a reconnu mardi que ses troupes avaient bien tiré un
missile contre un avion militaire français de reconnaissance, sans le
toucher, en indiquant qu'il s'agissait d'une méprise car elles se
croyaient attaquées par l'appareil.

"Privilégier le dialogue avec le Soudan"

Ce
geste "est un coup porté à la normalisation entre nos deux pays", a
regretté Ahmat Allami. "Nous allons maintenant convoquer l'ambassadeur
du Soudan au Tchad pour lui demander des explications", a-t-il ajouté.
"Nous
allons privilégier le dialogue avec le Soudan pour surmonter ces
difficultés", a également souligné le ministre. "Il existe dans le
cadre de nos accords des mécanismes de dialogue comme la commission
politique, dont nous allons demander la réunion", a-t-il conclu.
Le
Tchad et le Soudan ont normalisé leurs relations le 8 août 2006 après
plusieurs mois d'un conflit larvé, les deux pays s'accusant
mutuellement de soutenir des rébellions hostiles à leur régime.
N'Djamena
avait ainsi rompu ses relations diplomatiques avec Khartoum le 14 avril
dernier au lendemain de l'attaque des rebelles du Front uni pour le
changement (Fuc) repoussée aux portes de N'Djamena. Les autorités
soudanaises soupçonnent pour leur part les Tchadiens de venir en aide
aux rebelles qui combattent son armée dans la province soudanaise du
Darfour.