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Tchad/Darfour : Le « précieux devoir des chrétiens », sauver les musulmans | 29 septembre 2006


L'archevêque de N'Djamena se confie à Fides



ROME,
Jeudi 28 septembre 2006  – « Nous n'avons
pas le choix: c'est notre précieux devoir de chrétiens d'intervenir
pour sauver nos frères musulmans » affirme, dans les colonnes
de l'agence vaticane Fides, l'archevêque de N'Djamena, Mgr Matthias
N'Gartéri Mayadi, en commentant la présence de 200.000 réfugiés du
Darfour au Tchad.



« Nous travaillons dans une situation difficile
mais l'espérance d'un avenir meilleur ne nous quittera jamais »,
a expliqué l'archevêque de N'Djamena, capitale du Tchad, qui se
trouvait à Rome pour la visite ad limina.



« Le
Tchad se trouve dans une situation de guerre depuis la
première rébellion en 1965 et depuis 4 ans nous avons
eu une recrudescence de guérillas dans la partie Est du
pays. Le 13 avril de cette année nous avons vécu
des moments dramatiques, lorsque les rebelles ont pénétré à l'intérieur
de la capitale, d'où ils ont ensuite été chassés »
explique l'archevêque. « Comme Eglise nous nous sentons engagés dans
la réconciliation nationale : nous voulons contribuer à apporter la
paix parmi tous les citoyens autant à l'intérieur qu'à l'extérieur
du pays, dans le gouvernement, parmi les rebelles et l'opposition
politique. Et c'est cela la signification de notre déclaration, publiée
peu avant les dernières élections, par laquelle nous demandons à
tous les responsables politiques et militaires de donner la preuve
de leur modération afin de préserver la vie des personnes,
la paix et la concorde nationale » (cf. Fides 3
mai 2006).



Mgr Mayadi souligne que « la guerre a
accentué la désagrégation entre les ethnies. Si les rebelles sont
divisés entre eux et n'ont pas réussi à créer un
front unique c'est à cause des divisions ethniques et régionales.
Cela nous conduit à réaffirmer notre engagement pour surmonter les
divisions du pays, en vue de la consolidation de l'unité
et de la paix durable. L'une et l'autre sont intimement
liées : sans une paix définitive il ne pourra jamais
y avoir d'unité nationale ».



Une autre urgence sérieuse à
laquelle le pays doit faire face est celle des 200.000
réfugiés provenant du Darfour (Ouest du Soudan) qui sont accueillis
dans les camps de réfugiés de l'est du Tchad. L'Eglise
est en première ligne dans l'aide à apporter à ces
personnes, ainsi que l'explique l'archevêque de N'Djamena : « Depuis
le début de l'urgence la seule organisation nationale capable de
la gérer a été la « Sécadev » (la Caritas
tchadienne) que nous avons chargé de diriger deux camps pour
réfugiés. A côté de la « Sécadev » travaille le
« Jesuit Refugees Service », surtout en ce qui concerne
l'éducation des enfants des deux camps, auxquels s'ajoutera bientôt un
troisième. On nous a en effet demandé d'augmenter notre présence
vu le flux continuel! de réfugiés. Nous réfléchissons sur la
façon de répondre au mieux aux nouvelles demandes d'aide qui
nous parviennent depuis l'Est du pays ».



« Malgré nos
ressources limitées » - continue l'archevêque - « nous sommes
convaincus qu'il est extrêmement important de donner une réponse concrète
à ces demandes d'aide parce qu'il y a des vies
humaines en danger. On pourrait penser que parmi les réfugiés
il y a des chrétiens. Non, au contraire, il n'y
a pas de chrétiens : les réfugiés du Darfour sont
tous musulmans. C'est donc une occasion de montrer encore une
fois que l'Eglise catholique ne prend pas position contre une
religion ou une ethnie. Nous intervenons parce qu'il y a
des vies humaines en jeu. Quand quelqu'un souffre, pour nous
c'est le Christ qui nous appelle à son secours. Nous
n'avons donc pas le choix : c'est notre précieux devoir
de chrétiens d'intervenir pour sauver nos frères musulmans ».



« Les
rapports avec les musulmans ne sont ni bons ni mauvais.
Nous souhaitons des rapports beaucoup plus fraternels comme c'est le
cas par exemple en Afrique occidentale, ou aussi au Niger,
notre voisin, ou au Burkina Faso », dit Mgr Mayadi.



Selon
l'archevêque de N'Djamena, enfin, les missionnaires ont encore beaucoup à
faire au Tchad : « Depuis 1957, l'année où le
premier prêtre tchadien a été ordonné, jusqu'à aujourd'hui, au moins
150 prêtres locaux ont été ordonnés, parmi lesquels environ une
centaine sont encore en activité. Les missionnaires ont exercé un
rôle essentiel dans la fondation de l'Eglise au Tchad. Je
crois que leur présence est encore fondamentale, surtout pour témoigner
de l'universalité de l'Eglise catholique. Voir un missionnaire européen, mais
aussi désormais asiatique, latino-américain, ou d'un autre pays africain, aide
nos fidèles à se sentir membre de la grande famille
qu'est l'Eglise universelle ».

ZF06092808 (ZENIT.org)

Publié par lacasedumandoul à 20:28:15 dans ACTUALITES DU TCHAD | Commentaires (1) |

14-10-2006  16:49  14-10-2006 16:49
Au secours des musuls  De  Tany  Sujet:  Au secours des musuls
Les musulmans ont aussi couru au secours de bcp de chretiens, mais s'es resté secret comme tel. Comment un Archeveque puisse faire des coups mediatheque sur des aide charitable qu'il offre au merci de son Dieu? C'est pas religieux alors. En Afrique, la charité est discret, il doit apprendre cela ce archeveque. a+

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